3) Résultats de l'enquête

Après séparation des fragments d’ADN lors de l’électrophorèse, nous allons voir à présent, comment la police scientifique parvient-elle à différencier les différentes empreintes génétiques relevées sur les lieux du crime, c'est-à-dire comment celle-ci parvient à identifier le vrai coupable.

Tout d’abord, il faut savoir que l'analyse de l'ADN permet de constituer un profil génétique unique tel un véritable code barre. En effet, l’ADN est exactement le même dans toutes les cellules de notre corps, mais unique à chaque individu à l'exception des vrais jumeaux qui ont exactement le même profil génétique. De plus chaque individu possède des séquences de nucléotides qui lui sont propres, le polymorphisme (plusieurs formes) de l'ADN est, entre autres, attribuable à la présence de séquences répétées en tandem à des sites précis du génome. Le nombre de répétitions varie d'un individu à l'autre engendrant des variations de taille appelées allèles.

Ces séquences sont donc très importantes mais ce n’est pas tout ! Il faut savoir à partir de cela différencier un individu A  d'un individu B, autrement dit différencier le coupable de l’innocent.
Prenons par exemple un homme ayant était impliqué dans une agression sexuelle.
La police a prélevé sur les lieux de l’homicide des fragments de spermes qui sont ensuite conduit au laboratoire.
Après avoir obtenu le patron de migration grâce à l’électrophorèse, les fragments d'ADN sont transférés sur une membrane. L'opération se poursuit ensuite par l'utilisation de sondes (une sonde n'est rien d'autre qu'un brin d'ADN artificiel synthétisé) qui, hybridées aux fragments, repèrent les séquences uniques parmi des millions d'autres et, parce qu'elles sont rendues radioactives, vont les faire apparaître sur un autoradiogramme (voir partie précédente). Cela donne en phase finale l'impression sur papier glacé d'une ou de plusieurs bandes noires, qui sont comme une sorte de "photocopie".

En comparant les empreintes génétiques de chaque individu en des endroits spécifiques, nous pouvons en déduire que le suspect B est coupable de ce viol.

Cependant, dans certains cas, la police scientifique ne dispose d'aucun suspect, dans ces cas-là, le prélèvement, qui a été préalablement (dès l'obtention de l'empreinte génétique) archivé dans le FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques), est comparé aux autres profils génétiques de la base de données, si il y a correspondance entre le prélèvement et une des empreintes génétiques fichées, apparaît alors un nom et un visage.


Notons bien, qu’en France il existe un Fichier National Automatisé des Empreintes Génétique (FNAEG), qui recense toutes les empreintes génétiques des personnes ayant été condamnées mais aussi toutes traces d’ADN prélevées au cours d’enquêtes criminelles (il contient aujourd’hui 1,3 million de profils, c’est-à-dire des individus mais aussi des traces non identifiées). Ce fichier présente plusieurs avantages, dont par exemple celui de comparer les empreintes génétiques d’un suspect avec celles prélevées lors d’enquêtes irrésolues, et ainsi dans certains cas d’élucider une enquête datant de plusieurs années (par exemple : l’affaire Stansbury).

En France on évalue à 63 000 le nombre d’affaires résolues grâce à la génétique (et donc en grande partie grâce au FNAEG) depuis 2003 (chiffre cité par Frédéric Péchenard, chef de la PJ).
Mais ce fichier suscite nombre de polémiques à travers la France car de nombreux hauts cadres de la police réclament le fichage intégral de toute la population dans ce fichier, pour faciliter le déroulement des enquêtes, mais aussi pour élucider et « boucler » de nombreux dossiers et affaires irrésolues.
Affaire à suivre...

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site